Hello ami lecteur !  Tu as, toi ou ton frère de souris, apprécié la petite playlist proposée dans l’épisode précédent. Aussi je récidive ci-dessous. Alors bonne écoute et merci de consacrer quelques instants de ton temps de cerveau disponible à mes tribulations mécaniques.

Dimanche, premier tour des Régionales. D’abord voter ! Comme disait l’autre, les libertés ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas. Apparemment, en France un citoyen sur deux a déjà renoncé à s’exprimer. Quel pays de chèvres. Le nain et sa clique aurait tord de renoncer à nous traire dans ses conditions.

J’ai mieux à faire qu’à m’en agacer. La TRX donneuse d’organes a eu l’élégance de se laisser démonter sans difficulté. Pas un boulon grippé ! C’était inespéré. J’espère que Trixie aura la même prévenance.

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TRX 1996

Une fois installée sur les béquilles d’atelier je lui tourne autour. Un round d’observation, le temps de s’apprivoiser à nouveau. Même malade je lui trouve belle allure. L’autocollant FRM est toujours là, comme une promesse de NC. OK ma belle on y sera ! Mais avant y a du boulot, faut pas mollir. Y a pas qu’un moteur à remettre dans le cadre, il y a aussi toute une partie cycle à remettre à plat.
La dernière sortie de Trixie remonte à la NetConcentre 2007. Elle m’avait alors alerté à plus d’un sujet. La colonne de direction avait un point dur tellement marqué qu’il fallait mettre un coup de latte dans le guidon pour tourner. Et croyez moi, rouler avec un guidon qui se comporte comme un couteau à cran d’arrêt ce n’est pas idéal pour chercher le point de corde. Les joints spi postillonnaient de l’huile de fourche à la moindre compression. Le kit chaine était mort. Les dents du pignon et de la couronne sont d’ailleurs affutées comme les dents d’une scie circulaire. Les roulements de roues ne doivent pas non plus être bien vaillants et je soupçonne les roulements de bras oscillant de me préparer une grosse blague.

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Un chasse goupille, un gros marteau et quelques coups ajustés

En quelques instants l’habillage est déposé, je suis rodé maintenant. Démonter les étriers avant, le garde-boue, la roue et les tubes de fourches ne prend que quelques minutes. Les roulements de roues avant accrochent. Allez hop, premier exercice d’extraction de roulements. Il y a deux façons de faire, soit on tape fort, soit on tape très fort. L’essentiel c’est d’avoir un outil suffisamment long pour pouvoir frapper la cage de roulement à travers le moyeu de roue et surtout suffisamment dur pour qu’il ne s’émousse pas et ripe. Depuis des années j’ai adopté un gros chasse-goupille Facom pour l’exercice et il ne m’a jamais déçu.

Le démontage des T de fourches ne présente pas non plus de difficultés, mais la corrosion a commencé à se nicher dans les coins. Il faudra quelques coups de massette en caoutchouc pour décoller le T supérieur. Les filetages ne sont pas très propres. Avec du dégrippant, une brosse à dents et surtout un petit coup de filière, ils seront comme neuf.
Déposer les roulements de direction est un exercice plus délicat. Les chemins de roulement du cadre sont faciles d’accès et j’avais déjà eu l’occasion de tailler des encoches pour pouvoir utiliser les griffes d’un extracteur. Avec le bon outil,c’est tellement plus facile. Par contre, la bague montée sur l’axe de direction est plus casse-pied On n’a pas de prise dessus et la seule solution consiste à la décoller en force avec un outil aiguisé. L’idéal c’est un couteau de tapissier. Le tournevis plat c’est juste un outil pour faire un massacre.
Une fois la bague décollée il n’y a plus qu’a rejouer avec le chasse-goupille et le gros marteau. En coup à droite, un coup à gauche. Il faut surtout éviter que la bague se coince en biais.

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Les fiançailles mécaniques

Finalement au bout d’une bonne demi-heure tous les roulements avant sont déposés. Les logements sont soigneusement nettoyés.
Ils sont prêts pour recevoir des roulements tout neufs. Et moi j’ai des jolis bijoux au doigt.

Je ne vais pas vous raconter le reste du démontage. C’est une répétition de l’épisode 2 en plus physique. La corrosion est venue se planquer dans quelques filetages mais rien qui ne résiste vraiment au dégrippant et à la rallonge de clé à tube XXL.
Après un instant d’hésitation, je démonte quand même le bras oscillant. Après tout, au point où j’en suis il ne faut pas se priver Et je m’en félicite. Les roulements à aiguilles n’ont plus de roulements que le nom. C’est tout moche. Allez hop, je rajoute les roulements de bras oscillant sur la liste des commissions. C’est rageant, sur l’autre bras oscillant ils sont comme neufs !

Voilà, je suis arrivé au bout du démontage. En trois jours j’ai complètement désossé deux TRX et défriché le terrain pour faire un remontage dans les règles de l’art.
Encore deux jours d’atelier et je devrais pouvoir tourner la clé de contact (et logiquement faire une petite crise de nerfs avant de trouver la masse mal branchée). Reste à trouver la solution pour dégager deux jours dans le planning. Le temps que les pièces soient commandées et livrées, je vais pouvoir y réfléchir.

Allez salut, j’ai encore l’aspirateur à passer à la maison. Oh! Lecteur. Tu n’imaginais tout de même pas que la mère de mon enfant allait se taper tout le ménage sous prétexte que j’ai une maitresse au garage !

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